Mardi 26 septembre 2017 : Table ronde « Regards de médiatrice sur l’archiviste »

Table ronde organisée dans le cadre de la séance

L’ARCHIVISTE, CE MEDIATEUR QUI S’IGNORE

Modérateur : Elodie Belkorchia, chargée des pôles conservation et valorisation patrimoniales, gestion et communication des fonds iconographiques, audiovisuelles et numériques, Archives municipales d’Aubervilliers (93)

Médiateur / archiviste : un choc de cultures professionnelles ?

Au Rize de Villeurbanne comme aux archives municipales de Saint-Étienne, les actions de médiation sont coordonnées et animées par des médiateurs non-archivistes, travaillant au sein d’un pôle d’activité dédié. Leur formation, leurs missions, leurs préoccupations sont bien différentes de celles de leurs collègues : entre professionnels chargés des « 4C » ou de la valorisation, on ne parle pas toujours la même langue dans les services d’archives ! Mais doit-on pour autant renvoyer chacun à sa spécialité ? Ce croisement des approches est plutôt à envisager comme une manière d’enrichir les projets culturels et de médiation, de leur donner une autre dimension. Existe-t-il une « recette » pour un « projet idéal », dans lequel médiateur et archiviste trouvent chacun leur juste place ?

Regards de deux médiatrices sur leur travail en archives : Géraldine Zamant, chargée de la médiation au Rize et membre du conseil d’administration de Médiation culturelle association, et Céline Soutif, responsable des actions culturelles et éducatives aux archives de Saint-Étienne.

Jeudi 28 Septembre 2017 – Présentation de la table ronde : « Entre communication et valorisation, usages des réseaux sociaux »

Table ronde organisée dans la cadre de la séance

NUMÉRIQUE : LE CHAMP DES POSSIBLES

Modérateur : Gaëlle OUVRARD, Responsable des archives municipales de Saint-Nazaire (44).

Présentation des contributeurs :

Catherine BERNARD est directrice adjointe aux Archives municipales de Toulouse et trésorière de l’AAF depuis 2016 :

« L »archiviste, communiquant numérique : un état d’esprit à cultiver »

« Archiviste en 2017 ? C’est être un communiquant, et un communiquant numérique. Tous webmestres, gestionnaires de communauté, administrateurs de données pour publier et partager l’information ? Dans un monde hyper connecté, ce qui n’est pas digital n’existe pas ? L’archiviste aujourd’hui est un chef de projet qui, pour répondre aux besoins des utilisateurs, toujours plus exigeants, s’appuie sur une stratégie de communication, rédige des contenus percutants et construit des programmes numériques. »

Sonia DOLLINGER, Directrice du patrimoine culturel de la ville de Beaune :

Sonia Dollinger est Directrice du Patrimoine culturel de la ville de Beaune depuis 2008 et directrice des Archives municipales depuis 2001. Elle est titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine et d’un DESS Histoire et métiers des Archives obtenu à l’Université d’Angers. La sauvegarde et la valorisation des archives auprès des publics les plus variés sont ses deux combats principaux, c’est pourquoi elle est très présente sur les médias sociaux (blog Archives et culture pop’). En tant que directrice du Patrimoine culturel et des archives, elle a mis en place les réseaux sociaux dans ses services. Les Archives de Beaune sont dotées de facebook, twitter, instagram, flickr, youtube et d’un blog sur wordpress. Le service participe activement à la museumweek.

« L’image des services patrimoniaux et notamment des archives est encore attachée à des clichés passéistes (poussière, immobilisme). Forts de ce constat, certains services ont pris le problème à bras le corps en investissant les réseaux sociaux, excellents vecteurs de médiations et offrant une visibilité auprès de publics très diversifiés. Intégrer l’utilisation des réseaux sociaux au fonctionnement du service et à sa démarche de valorisation demande une attention de tous les instants. Il faut intégrer l’utilisation des réseaux dans son quotidien afin de valoriser chaque tâche archivistique. Cette démarche demande au préalable une étude des publics touchés et des bilans réguliers. On s’aperçoit, en effet, que chaque réseau social touche des publics différents et complémentaires. Cette valorisation virtuelle apporte de nombreux avantages en termes d’image du service (dynamisme, accessibilité à tous publics, ouverture, ancrage dans son époque…) qui permet aux publics de s’approprier les archives comme faisant partie de leur histoire mais aussi de leur vie quotidienne. A côté de cela, des initiatives privées (solitaires puis collectives) comme la création du blog Archives et culture pop’ permettent de montrer combien les références aux archives sont nombreuses dans tous les domaines de la culture populaire (séries, jeux vidéos, thrillers, bande dessinée) et de démontrer que rien n’est plus moderne que les archives. »

Mercredi 27 septembre 2017 – Présentation de la table ronde : « Pratiques ludiques et participatives »

Table ronde organisée dans le cadre de la séance 

ACCOMPAGNER, SENSIBILISER, ACCUEILLIR

Modérateur : Laëtitia DAOUDI, Responsable service des Archives, Métropole Rouen Normandie

Présentation des contributeurs :

Tatiana COTTE, médiatrice culturelle au service Patrimoine de la Ville de Creil (60) : « Après un Bac Littéraire et une formation en arts plastiques option vidéo, des expériences d’animation ou de travail à l’étranger (Belgique, Espagne, Argentine), j’exerce aujourd’hui en tant que médiatrice culturelle au sein du service Patrimoine de la Ville de Creil (Oise). Pour cette table ronde, je prévois de parler de l’expérience menée en 2016 pour le dispositif « Passeurs d’images » à partir des archives municipales. Passeurs d’images est un dispositif national d’éducation soutenu par le CNC et relayé en région Hauts-de-France par l’ACAP-Pôle Images Picardie. Dans ce cadre, les archives municipales de Creil ont mis en place une série d’actions et d’atelier dans le but de créer une court-métrage sur la ville à partir d’images d’archives et de prises de vue actuelles. Le dispositif s’adresse à un public âgé de 12 à 25 ans, éloigné des pratiques culturelles, et se déroule en dehors des temps scolaires. Pour la constitution d’un groupe homogène, 4 ateliers préparatoires ont été mis en place au mois de septembre 2016, sur la manipulation d’images en direct, la recherche aux archives ou encore l’utilisation d’archives dans les courts-métrages.  L’expérience a été très enrichissante, tant pour les agents des archives que pour l’intervenant vidéaste et les jeunes participants. Le groupe était constitué d’une dizaine de jeunes, de milieux et d’âges différents, mais avec une cohésion et un soutien surprenants. La découverte de la recherche des archives et la confrontation d’éléments anciens avec des images et documents actuels a été percutant pour les jeunes : ils ont pu comprendre les mécanismes de la recherche, s’approprier des éléments historiques de la ville qu’ils connaissent en général depuis la naissance tout en s’exprimant sur leur ressenti ou sur les lieux importants aujourd’hui pour eux. »

Hugues COURANT, Archiviste, Archives de Brest Métropole et Ville (29) : « Titulaire du DESS métiers des archives de l’Université d’Angers et archiviste à Brest Métropole. L’équipe des Archives de Brest a élaboré plusieurs jeux et animations depuis 2009 (jeu de photos avant-après pour l’accueil des nouveaux-arrivants dans la collectivité ; jeux de l’Oie, puzzles, jeu des 7 familles dans le cadre des animations d’été de la collectivité sur la plage du Moulin-Blanc – Vendredis du Sport – et dans le cadre d’animations lors des JEDP, fête de quartier (Rives de Penfeld), Festival Mômes en Fête…

Face à un public de plus en plus large, les archives de Brest ont, comme nombre de services, diversifié leurs pratiques de médiation. Parmi celles-ci, les jeux sont rapidement apparus très intéressants. Ce mode de présentation des archives répond certes à la vocation pédagogique, ou au moins éducative, de nos services, mais c’est aussi une autre approche des documents, une autre image des archives qui est offerte au(x) public(s). Jeux de l’oie, puzzles, jeux d’adresse, maquettes, l’imaginaire des archivistes une fois mis en œuvre est déclinable, sinon à l’infini, du moins dans une gamme fort étendue. Comment  s’adapter à toutes tranches d’âge, tous publics (internes comme externes), tous moyens (financiers et humains) et  intégrer tous types de documents… ou presque ? Comment renouveler une classique exposition ou un fort ordinaire diaporama avec le (pourtant classique) jeu des différences/points communs ou de l’avant/après ? Les archives de Brest ont testé quelques lieux et quelques publics sur une multitude de possibles. »

Suivre l’actualité des archives de Brest Métropole et Ville : @Archives_Brest

Amandine DELACOURT, Médiatrice du patrimoine aux Archives municipales de Calais (62) : « Agent depuis juillet 2013 aux Archives municipales de Calais. Arrivée avec un contrat d’emploi d’avenir, je suis nommée officiellement sur un poste de médiatrice du patrimoine depuis le 1er janvier 2017. Pas de formation en archives, des études en Histoire et une expérience précédente en médiathèque jeunesse. J’ai acquis mes compétences en médiation « sur le terrain » et grâce aux formations professionnelles. C’est lors d’une de ses formations que j’ai rencontré Elodie BELKORCHIA qui m’a proposé de participer au colloque. Depuis mon arrivée aux AM de Calais, nous essayons de proposer des ateliers/outils originaux et ludiques, se détachant de ce qui peut être proposé à l’école. C’est dans cette optique que nous avons lancé entre 2014 et 2016, un grand projet autour des commémorations du Centenaire. Il en résulte un jeu de l’oie créé entièrement par les AM de Calais « La Grande Guerre se joue à Calais » et un concours où les élèves ont dû rédiger le journal intime d’un petit Calaisien à l’époque du conflit. 

L’utilisation du jeu de l’oie permettait alors aux élèves d’intégrer plus facilement les événements qui se sont déroulés à cette époque pour ensuite réinvestir leurs savoirs dans un projet plus concret : la rédaction d’un journal. L’idée est d’utiliser les documents d’archives autrement. L’utilisation du jeu amène l’élève à voir la séance aux archives d’un œil plus positif, le jeu étant associé au plaisir. Il est alors plus facile de capter leur attention. Le fait de les faire jouer en équipe les pousse également à vouloir bien faire pour arriver à la victoire et à les faire collaborer entre eux. L’enfant est vraiment acteur de l’atelier. De cette façon, il intègre mieux les notions que le médiateur a voulu développer durant la séance. »