Jeudi 28 septembre 2017 : « L’archiviste médiateur de la donnée ? » par Julien Benedetti et Maud Jouve.

Conférence organisée dans le cadre de la séance

VERS DE NOUVEAUX DEFIS

Président de séance : Marie Viard, Responsable du service Archives au Centre de gestion de la Saône-et-Loire (71).

Julien Benedetti est archiviste aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône. Son périmètre d’action s’étend du suivi des données numériques produites par son service (numérisation patrimoniale, SIA) aux projets de numérisation et d’archivage électronique du Conseil départemental.

Ses premières années d’archiviste ont été principalement orientées vers la collecte et l’accompagnement des services. Sa curiosité l’a poussé ensuite à s’ouvrir à la sphère plus large de la gestion de l’information et de la donnée. L’évolution vers le numérique constitue de son point de vue une magnifique opportunité de réviser nos pratiques archivistiques et notre rapport aux publics.

Titulaire d’un master 2 en archivistique, Maud Jouve a souhaité s’orienter dans la gestion d’archives contemporaines au sein du réseau des archives publiques. Ayant développé un vif intérêt pour les enjeux de la production documentaire mixte papier/numérique et pour les problématiques liées à l’archivage électronique, elle est actuellement en poste aux Archives municipales de Marseille comme chargée du suivi des projets de dématérialisation et d’archivage électronique.

La sensibilisation des décideurs, des collaborateurs et des services producteurs à la nécessité d’une « culture de la donnée » est l’un des axes de réflexion qui lui tiennent désormais à cœur.

 

Résumé de l’intervention et problématique soulevée

Dans un premier temps principalement portée sur les enjeux et les modalités de la collecte et de la pérennisation des données numériques, la réflexion de la profession s’oriente désormais sur la problématique de la communication et de la valorisation des données. Se pose donc la question de leur médiation auprès de différents publics.

Les archivistes sont-ils légitimes et compétents comme médiateurs de la donnée ?

Tout d’abord nous montrerons que les archivistes ne semblent pas aujourd’hui identifiés comme médiateurs de la donnée. Nous poursuivrons en tentant de démontrer pourquoi et comment l’archiviste doit se saisir de ce rôle malgré des obstacles réels, tout en déconstruisant des blocages fantasmés par la profession. Enfin, nous proposerons un certain nombre d’exemples de modes de médiation de la donnée pouvant s’inscrire dans les activités des archivistes.

Les suivre sur Twitter : @maud_stark & @macgraveur

Jeudi 28 Septembre 2017 – Présentation de la table ronde : « Entre communication et valorisation, usages des réseaux sociaux »

Table ronde organisée dans la cadre de la séance

NUMÉRIQUE : LE CHAMP DES POSSIBLES

Modérateur : Gaëlle OUVRARD, Responsable des archives municipales de Saint-Nazaire (44).

Présentation des contributeurs :

Catherine BERNARD est directrice adjointe aux Archives municipales de Toulouse et trésorière de l’AAF depuis 2016 :

« L »archiviste, communiquant numérique : un état d’esprit à cultiver »

« Archiviste en 2017 ? C’est être un communiquant, et un communiquant numérique. Tous webmestres, gestionnaires de communauté, administrateurs de données pour publier et partager l’information ? Dans un monde hyper connecté, ce qui n’est pas digital n’existe pas ? L’archiviste aujourd’hui est un chef de projet qui, pour répondre aux besoins des utilisateurs, toujours plus exigeants, s’appuie sur une stratégie de communication, rédige des contenus percutants et construit des programmes numériques. »

Sonia DOLLINGER, Directrice du patrimoine culturel de la ville de Beaune :

Sonia Dollinger est Directrice du Patrimoine culturel de la ville de Beaune depuis 2008 et directrice des Archives municipales depuis 2001. Elle est titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine et d’un DESS Histoire et métiers des Archives obtenu à l’Université d’Angers. La sauvegarde et la valorisation des archives auprès des publics les plus variés sont ses deux combats principaux, c’est pourquoi elle est très présente sur les médias sociaux (blog Archives et culture pop’). En tant que directrice du Patrimoine culturel et des archives, elle a mis en place les réseaux sociaux dans ses services. Les Archives de Beaune sont dotées de facebook, twitter, instagram, flickr, youtube et d’un blog sur wordpress. Le service participe activement à la museumweek.

« L’image des services patrimoniaux et notamment des archives est encore attachée à des clichés passéistes (poussière, immobilisme). Forts de ce constat, certains services ont pris le problème à bras le corps en investissant les réseaux sociaux, excellents vecteurs de médiations et offrant une visibilité auprès de publics très diversifiés. Intégrer l’utilisation des réseaux sociaux au fonctionnement du service et à sa démarche de valorisation demande une attention de tous les instants. Il faut intégrer l’utilisation des réseaux dans son quotidien afin de valoriser chaque tâche archivistique. Cette démarche demande au préalable une étude des publics touchés et des bilans réguliers. On s’aperçoit, en effet, que chaque réseau social touche des publics différents et complémentaires. Cette valorisation virtuelle apporte de nombreux avantages en termes d’image du service (dynamisme, accessibilité à tous publics, ouverture, ancrage dans son époque…) qui permet aux publics de s’approprier les archives comme faisant partie de leur histoire mais aussi de leur vie quotidienne. A côté de cela, des initiatives privées (solitaires puis collectives) comme la création du blog Archives et culture pop’ permettent de montrer combien les références aux archives sont nombreuses dans tous les domaines de la culture populaire (séries, jeux vidéos, thrillers, bande dessinée) et de démontrer que rien n’est plus moderne que les archives. »