Mercredi 27 septembre 2017 : Conférence « Repenser la salle de lecture » par Jean-Yves de Lépinay

Conférence organisée dans le cadre de la séance

ACCOMPAGNER, SENSIBILISER, ACCUEILLIR

Président de séance : Anne-Sophie HONNET, Responsable service Archives de la Communauté d’agglomération Paris-Vallée de la Marne, des archives municipales de Pontault-Combault et de Roissie-en-Brie (77).

Jean-Yves de Lépinay est enseignant, documentaliste et programmateur indépendant. Après des études de sciences économiques et un diplôme de documentaliste à l’INTD (Cnam), il s’est spécialisé dans l’audiovisuel et le cinéma. Il a été près de vingt ans Directeur des programmes au Forum des images, dont il a coordonné la programmation des salles de projection , la constitution et la valorisation des collections. Il est aussi président de l’association P.I.A.F.(www.piafimages.org), qui regroupe responsables de fonds audiovisuels et documentalistes, et de l’association Images en bibliothèques (www.imagesenbibliotheques.fr), qui oeuvre pour la mise en valeur des collections cinématographiques et audiovisuelles dans les bibliothèques publiques. Il a publié de nombreux articles sur la documentation audiovisuelle et sur le cinéma, dans diverses revues et ouvrages collectifs.

Salles de lecture, espaces de consultation : quels espaces de médiation ?

Le temps est, dit-on, à la « désintermédiation ».Ce terme, à l’origine employé dans le secteur bancaire et dans le monde du marketing, apparaît aujourd’hui dans nos univers pour rendre compte de la façon dont les usagers peuvent aujourd’hui de plus en plus accéder aux informations – et également aux archives elles-mêmes – en évitant les intermédiaires. La dématérialisation ouvre cette voie comme elle l’a ouverte dans d’autres secteurs, bousculant les professions de médiateurs – que ce soit les employés de banque, les commerçants, les journalistes ou même les enseignants.

Ce que l’on appelle « Open Data », facilitant éventuellement les accès directs, est aussi l’occasion d’une possible « ré-intermédiation » par un secteur commercial qui va se saisir des données ouvertes pour les revendre, traitées et mises en forme. Rien n’interdit d’imaginer pour demain un « Über » de la documentation et des archives.

Si les documents, les œuvres, sont dématérialisées, et accessibles directement sur les réseaux à travers des outils de recherche et des systèmes de visualisation de données performants, à quoi servent nos espaces de consultation, nos salles de lecture de bibliothèques ? Ont-elles encore une fonction nécessaire, au-delà de pouvoir accueillir, bien au chaud, des usagers du réseau qui utilisent l’accès WiFi et les prises électriques pour recharger leurs smartphones ?

Ces évolutions, qui touchent tous les secteurs d’activité, sont particulièrement avancées dans le domaine de l’audiovisuel. Ainsi, la salle des collections du Forum des images, à Paris, qui fut sans doute la première au monde, à la fin des années 80 à proposer à tous les publics la consultation sur place d’une collection d’archives audiovisuelles, est en voie de fermeture définitive.

Cette situation est-elle inévitable ? Peut-on imaginer des espaces de médiation nouveaux, autour d’autres fonctions que le seul accès individuel à des documents physiques, et articulés avec les services en ligne ?

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